说罢,他像被魔鬼驱使着,又跑起来,希望还能找到那个陌生人,因为陌生人走路不紧不慢,估计不会走得太远。.
但是在大门口,波托斯正与门卫在聊天。两个聊天的人之间,只有可以通过一个人的空当儿。达达尼昂以为通过没有问题,便箭一般从两个人之间冲过去。偏偏在他正要过去时,风刮得波托斯的长斗篷鼓了起来,恰巧把达达尼昂罩住了。波托斯大概自有道理,不肯让身上这件主要的衣裳落到地上,所以他抓住前摆的两手不仅没有松开,反而往身边一拉,结果把达达尼昂裹了进去,而且他本来就一副倔脾气,又拉得那样猛,使达达尼昂在斗篷里打了一个滚。
达达尼昂听见这个火枪手骂娘,想从斗篷底下钻出来,但眼睛看不见,便想从斗篷褶子间找出路。他尤其担心把那条我们已经见过的漂亮肩带弄脏。可是,当他胆怯地睁开眼睛时,发现自己正鼻子贴在波托斯的双肩之间,就是说正贴在肩带上。
唉!就像世界上大部分东西只讲究外表一样,这条肩带前面是绣金的,后面却只不过是水牛皮做的。难怪波托斯自命不凡:他虽然没有一条整个儿绣金的肩带,至少有一半是绣了金的嘛。不过,现在我们总算明白了他为什么伤风了,为什么非披上斗篷不可。
“活见鬼!”波托斯嚷道,他想尽力摆脱在他背后乱钻的达达尼昂,“您疯了吗,这样往人身上撞!”
“请原谅,”达达尼昂从大个子的肩膀底下钻出来,“我有急事,正追一个人,所以……”
“您追起人来难道忘了带眼睛吗?”
“那倒没忘,”达达尼昂被激怒了,“那倒没忘。正因为带了眼睛,我看见了别人看不见的东西。”
这句话波托斯是否听明白了不得而知,不过他总是和以往一样,发起火来就控制不住。
“先生,我告诉您,这样向火枪手挑衅是自讨苦吃。”
“自讨苦吃!先生,”达达尼昂说,“这话未免太凶啦。”
“对于一向敢于正视敌人的人来讲,这话恰到好处。”
“啊!这还用说!我知道您不会背朝着您的敌人。”
小伙子对自己这句俏皮话很得意,哈哈大笑着抬腿就走。
波托斯怒不可遏,准备向达达尼昂扑过去。
“稍许等一等吧,稍许等一等吧,”达达尼昂说道,“等你不穿斗篷再说。”
Et il se mit à courir comme si le diable l'emportait, espérant retrouver encore son inconnu, que son pas tranquille ne devait pas avoir conduit bien loin.
Mais à la porte de la rue causait Porthos avec un soldat aux gardes. Entre les deux causeurs il y avait juste l'espace d'un homme. D'Artagnan crut que cet espace lui suffirait, et il s'élança pour passer comme une flèche entre eux deux. Mais d'Artagnan avait compté sans le vent. Comme il allait passer, le vent s'engouffra dans le long manteau de Porthos, et d'Artagnan vint donner droit dans le manteau. Sans doute Porthos avait des raisons de ne pas abandonner cette partie essentielle de son vêtement, car, au lieu de laisser aller le pan qu'il tenait, il tira à lui, de sorte que d'Artagnan s'enroula dans le velours par un mouvement de rotation qu'explique la résistance de l'obstiné Porthos.
D'Artagnan, entendant jurer le mousquetaire, voulut sortir de dessous le manteau qui l'aveuglait et chercha son chemin dans le pli. Il redoutait surtout d'avoir porté atteinte à la fraîcheur du magnifique baudrier que nous connaissons ; mais en ouvrant timidement les yeux, il se trouva le nez collé entre les deux épaules de Porthos, c'est-à-dire précisément sur le baudrier.
Hélas ! comme la plupart des choses de ce monde, qui n'ont pour elles que l'apparence, le baudrier était d'or par-devant et de simple buffle par-derrière. Porthos, en vrai glorieux qu'il était, ne pouvant avoir un baudrier d'or tout entier, en avait au moins la moitié : on comprenait dès lors la nécessité du rhume et l'urgence du manteau.
- Vertubleu ! cria Porthos faisant tous ses efforts pour se débarrasser de d'Artagnan qui lui grouillait dans le dos, vous êtes donc enragé de vous jeter comme cela sur les gens !
- Excusez-moi, dit d'Artagnan reparaissant sous l'épaule du géant, mais je suis très pressé, je cours après quelqu'un et...
- Est-ce que vous oubliez vos yeux quand vous courez, par hasard ? demanda Porthos.
- Non, répondit d'Artagnan piqué, non, et grâce à mes yeux je vois même ce que ne voient pas les autres.
Porthos comprit ou ne comprit pas, toujours est-il que, se laissant aller à sa colère :
- Monsieur, dit-il, vous vous ferez étriller, je vous en préviens, si vous vous frottez ainsi aux mousquetaires.
- Etriller, monsieur ! dit d'Artagnan, le mot est dur.
- C'est celui qui convient à un homme habitué à regarder en face ses ennemis.
- Ah ! pardieu ! je sais bien que vous ne tournez pas le dos aux vôtres, vous.
Et le jeune homme, enchanté de son espièglerie, s'éloigna en riant à gorge déployée.
Porthos écuma de rage et fit un mouvement pour se précipiter sur d'Artagnan.
- Plus tard, plus tard, lui cria celui-ci, quand vous n'aurez plus votre manteau.