- 第五章 国王的火枪手和红衣主教的卫士
- 达达尼昂在巴黎没有任何熟人,所以他去与阿托斯决斗时没带副手,心想反正对手会挑选的,就用他选中的吧。再说,他的意图很明确,是去向那位正直的火枪手适当地表示歉意,但也不示弱。他所担心的是,这场决斗正如所有这类事情一样,结果总是令人不快的:他是一个年轻而强壮的人,对手是一个受伤而衰弱的人,他输了,就会让对方获得双重胜利;他赢了呢,人家肯定会给他加上不老实、讨便宜的罪名。
- 再说,我们这个爱惹是非的年轻人的性格,就算我们没有交代清楚吧,读者恐怕也已经注意到了:达达尼昂绝非等闲之辈。因此,他一遍又一遍对自己说,他这回是死定了,而且希望要死就死个痛快,他可不是那种畏首畏尾、贪生怕死的人。他考虑了就要与他决斗的几个人的不同性格,对自己的处境开始看得更清楚了。他希望通过老老实实的道歉,能使阿托斯变成自己的朋友,因为阿托斯那种大贵族的气度和庄重的仪表,令他十分倾心。至于波托斯,他自认为可以利用那条肩带的事,使他怕自己,就是说,他如果在决斗中没丢掉性命,就可以把肩带的事抖出去,巧妙地利用流言的影响,使波托斯成为一个可笑的人物。最后还有那个阴险狡猾的阿拉米斯,也没有什么可怕的,等他来到自己跟前,干脆一剑结果他的性命,或者至少要刺伤他的脸,就像凯撒嘱咐士兵毁掉庞培的容貌一样,永远毁掉阿拉米斯如此自豪的那张漂亮的脸蛋。
Chapitre 9
Les mousquetaires du roi et les gardes de M. le cardinal
D'Artagnan ne connaissait personne à Paris. Il alla donc au rendez-vous d'Athos sans amener de second, résolu de se contenter de ceux qu'aurait choisis son adversaire. D'ailleurs son intention était formelle de faire au brave mousquetaire toutes les excuses convenables, mais sans faiblesse, craignant qu'il ne résultât de ce duel ce qui résulte toujours de fâcheux dans une affaire de ce genre, quand un homme jeune et vigoureux se bat contre un adversaire blessé et affaibli : vaincu, il double le triomphe de son antagoniste ; vainqueur, il est accusé de forfaiture et de facile audace.
Au reste, ou nous avons mal exposé le caractère de notre chercheur d'aventures, ou notre lecteur a déjà dû remarquer que d'Artagnan n'était point un homme ordinaire. Aussi, tout en se répétant à lui-même que sa mort était inévitable, il ne se résigna point à mourir tout doucettement comme un autre moins courageux et moins modéré que lui eût fait à sa place. Il réfléchit aux différents caractères de ceux avec lesquels il allait se battre et commença à voir plus clair dans sa situation. Il espérait, grâce aux excuses loyales qu'il lui réservait, se faire un ami d'Athos, dont l'air grand seigneur et la mine austère lui agréaient fort. Il se flattait de faire peur à Porthos avec l'aventure du baudrier, qu'il pouvait, s'il n'était pas tué sur le coup, raconter à tout le monde, récit qui, poussé adroitement à l'effet, devait couvrir Porthos de ridicule ; enfin quant au sournois Aramis, il n'en avait pas très grand- peur, et en supposant qu'il arrivât jusqu'à lui, il se chargeait de l'expédier bel et bien, ou du moins, en frappant au visage, comme César avait recommandé de faire aux soldats de Pompée, d'endommager à tout jamais cette beauté dont il était si fier.